Crédit : Eliott Reyna / Unsplash

Le guérissage : un livre pour soigner ses traumatismes

La pandémie mondiale et la guerre en Ukraine nous rappellent avec violence que les expériences traumatiques font partie de la vie humaine. Dans son livre Le guérissage, publié aux éditions Tana, la psychothérapeute marseillaise Marie Caiazzo propose un chemin de guérison inspiré des sagesses autochtones d’Amérique du Nord, pour sortir de la peur, apprendre de nos épreuves et mettre du sens dans notre vie. Entretien.

Comment avez-vous découvert la philosophie amérindienne ?
En 2015, les attentats à Paris m’ont fortement affectée. Alors que je me débattais avec des angoisses terribles, et un trouble anxieux généralisé, j’ai découvert l’approche de Dominique Rankin, un chef héréditaire algonquin – l’une des premières communautés autochtones du Québec -, au cours d’un stage organisé en France qui m’a apporté une nouvelle compréhension de la guérison. Cet homme, qui a été envoyé comme de nombreux enfants autochtones dans des pensionnats catholiques dans les années 50, a vécu l’enfer : le viol, la terreur, l’humiliation. Pendant des années, il a sombré dans l’alcool et la violence, avant de trouver la paix à travers la sagesse de son peuple.  Il partage un témoignage vibrant au sujet de la vie, du respect, du pardon et de la guérison. À travers la découverte de cette sagesse universelle, j’ai expérimenté à quel point la parole accueillie dans la bienveillance et sans jugement libère. L’expérience traumatique peut devenir une source d’enseignement et une richesse, si on accepte de ne plus avoir honte de ses émotions et de son vécu.

On parle beaucoup de résilience, vous parlez de « guérissage », quelle est la différence ?
Notre capacité de résilience nous aide à faire face aux épreuves, c’est un outil, qui peut conduire sur la voie de la guérison, mais ce n’est pas la guérison. La guérison est l’accès à la paix intérieure après une expérience traumatique. J’ai identifié quatre étapes sur le chemin qui mène à cette paix que j’ai appelé « le guérissage » : nommer l’expérience, transformer son regard, accepter son vécu et entrer dans la métamorphose. C’est un processus qui nous amène à traverser nos émotions, à prendre conscience de nos forces et à donner du sens à ce qui n’a aucun sens.

Beaucoup de personnes sont en quête de sens depuis la pandémie mondiale…
C’est tout à fait normal. La pandémie nous a ramené à notre spiritualité. Nous pensions contrôler le monde, et nous découvrons que le monde est inconstant, impermanent, instable. Cette prise de conscience questionne le sens que nous donnons à notre vie. C’est pour cette raison que de nombreuses personnes ont choisi de changer de travail ou de déménager afin de se reconnecter à des valeurs qui font sens. L’expérience traumatique nous pousse à nous questionner sur le sens de la vie. Elle nous pousse à traverser la peur, la colère, la tristesse, pour retrouver le flux de la vie et réaliser que nous pouvons être heureux à nouveau.

À lire : Le guérissage, de Marie Caiazzo. Tana éditions.

MANIFESTE RESPECT

Respect : n. m. (latin respectus)

  • Sentiment de considération envers quelqu’un, et qui porte à le traiter avec des égards particuliers ; manifestations de ces égards ; Manquer de respect à quelqu’un.
  • Considération que l’on a pour certaines choses ; Le respect de la parole donnée.

Source : Larousse.fr 

Étymologiquement, le respect est le fait de se retourner pour regarder ; il implique un effort d’attention vers autrui, associé à la reconnaissance d’une dignité égale. En philosophie, Kant est l’un des premiers à avoir défendu cette notion. Pour lui, le respect est avant tout le sentiment de la dignité de la nature humaine : en respectant la dignité des autres, dans toutes leurs différences, nous nous interdisons de les juger. Comprendre le potentiel et la force du respect, c’est reconnaître sans condition la dignité humaine.

Au-delà même de la tolérance qui, elle, n’exclut ni le mépris ni la pitié, le respect lutte et agit en vertu de la dignité humaine et de la bienveillance.

Approcher début 2022 la notion de respect, et donc celle de dignité, conduit à poser un acte d’engagement au cœur de ce moment clé de transition de notre époque.

Alors que le débat démocratique insiste souvent sur l’absence de projet collectif, sur ce qui sépare les « communautés », tout en faisant l’apologie des libertés individuelles au détriment du commun, il semble indispensable de poser en valeurs cardinales le respect et la dignité, sous toutes leurs formes, à commencer par le respect de la différence.

Appuyé sur une histoire forte et exigeante, le nouveau magazine respect porte haut les couleurs du respect des autres, de la différence, de toutes et tous, c’est-à-dire de la différence en termes d’âge, de genre ou de sexe, d’orientation sexuelle, de handicap, de croyances, d’opinions, d’origine sociale, culturelle, économique…

Et dans la continuité de cet axe fondamental, le respect s’étend à tout ce qui nous entoure, à l’ensemble des sujets du temps présent au cœur desquels s’inscrit l’engagement, sous toutes ses formes.

Il s’agit ainsi :

  • Du respect des autres
  • Du respect de la différence
  • Du respect de l’environnement
  • Du respect du débat démocratique
  • Du respect des enjeux sociaux
  • Du respect des territoires

Du respect de l’entreprenariat lorsqu’il est sincèrement orienté vers son impact sur l’humain et sur la planète.

Le magazine respect s’incarne par des visages, des mouvements, des aspirations et prend la parole en la donnant à des voix uniques, singulières et collectives, rassemblées à travers des récits, des manifestes, des exclamations.

Être différent n’est ni une bonne ni une mauvaise chose. Cela signifie simplement que vous êtes suffisamment courageux pour être vous-même. (Albert Camus)

En France, le respect de la dignité humaine a été érigé en principe à valeur constitutionnelle par la décision du Conseil constitutionnel du 27 juillet 1994.

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