Crédit : Minator Yang/Unsplash

Comment transmettre une éducation non sexiste à ses enfants ?

Dès la naissance de leurs enfants, les parents sont confrontés à des injonctions et des stéréotypes de genre qui impacteront leur éducation. Amandine Hancewicz, co-autrice avec Manuela Spinelli de Eduquer sans préjugés, publié aux éditions JC Lattès, nous invite à sortir des clichés au service de l’égalité.

Quels sont les obstacles à une éducation égalitaire en France ?
Les obstacles vont s’exprimer parfois au sein de la famille élargie, ou du couple. Les mères sont fortement jugées et plus facilement critiquées que les pères en matière d’éducation. Il est donc important que les pères soient les premiers ambassadeurs de l’égalité, en assumant par exemple les tâches ménagères et la gestion du quotidien autant que leurs compagnes. Une éducation non sexiste se transmet d’abord par l’exemple. Pour les parents, cela sous-entend d’avoir pris conscience des injonctions et des stéréotypes qui perdurent et guident inconsciemment nos comportements face aux enfants. Un des freins aussi à l’égalité des sexes commence dès l’école.

Une éducation non sexiste se transmet d’abord par l’exemple.

Pourquoi dès l’école ?
Il ne suffit pas de laisser un garçon jouer à la poupée ou une fille courir et sauter. Il s’agit pour les professionnels de l’enfance de prendre conscience de leurs propres conditionnements et de déconstruire des schémas de pensée. Nous croyons être neutres, mais nous sommes influencés par des préjugés profondément ancrés. Il a été prouvé que les petits garçons à l’école avaient 60 % de temps de parole que les petites filles à l’école. Ces dernières intègrent très tôt qu’il est normal de se laisser couper la parole. Il est important de former les enseignants aux enjeux du sexisme pour faire évoluer les réflexes.

À quoi ressemble une éducation non sexiste ?
C’est une éducation donnée par des personnes qui ont travaillé sur elles-mêmes, une éducation libérée des stéréotypes et qui laisse la possibilité à chaque enfant d’exprimer et d’expérimenter différentes possibilités sans lien avec leur assignation de sexe. C’est une éducation qui permet aux garçons de pleurer et aux filles de se mettre en colère. Le sexisme comme toutes les discriminations est systémique, parce qu’il est inhérent à notre société. Le dessin d’un T-shirt, la forme d’un doudou, le choix d’un sport, la longueur des cheveux , toutes ces choses isolées paraissent anodines, mais sont l’expression d’un système. Il s’agit de déconstruire des automatismes pour gagner en liberté et en égalité.

Pour aller plus loin : www.parentsetfeministes.com

MANIFESTE RESPECT

Respect : n. m. (latin respectus)

  • Sentiment de considération envers quelqu’un, et qui porte à le traiter avec des égards particuliers ; manifestations de ces égards ; Manquer de respect à quelqu’un.
  • Considération que l’on a pour certaines choses ; Le respect de la parole donnée.

Source : Larousse.fr 

Étymologiquement, le respect est le fait de se retourner pour regarder ; il implique un effort d’attention vers autrui, associé à la reconnaissance d’une dignité égale. En philosophie, Kant est l’un des premiers à avoir défendu cette notion. Pour lui, le respect est avant tout le sentiment de la dignité de la nature humaine : en respectant la dignité des autres, dans toutes leurs différences, nous nous interdisons de les juger. Comprendre le potentiel et la force du respect, c’est reconnaître sans condition la dignité humaine.

Au-delà même de la tolérance qui, elle, n’exclut ni le mépris ni la pitié, le respect lutte et agit en vertu de la dignité humaine et de la bienveillance.

Approcher début 2022 la notion de respect, et donc celle de dignité, conduit à poser un acte d’engagement au cœur de ce moment clé de transition de notre époque.

Alors que le débat démocratique insiste souvent sur l’absence de projet collectif, sur ce qui sépare les « communautés », tout en faisant l’apologie des libertés individuelles au détriment du commun, il semble indispensable de poser en valeurs cardinales le respect et la dignité, sous toutes leurs formes, à commencer par le respect de la différence.

Appuyé sur une histoire forte et exigeante, le nouveau magazine respect porte haut les couleurs du respect des autres, de la différence, de toutes et tous, c’est-à-dire de la différence en termes d’âge, de genre ou de sexe, d’orientation sexuelle, de handicap, de croyances, d’opinions, d’origine sociale, culturelle, économique…

Et dans la continuité de cet axe fondamental, le respect s’étend à tout ce qui nous entoure, à l’ensemble des sujets du temps présent au cœur desquels s’inscrit l’engagement, sous toutes ses formes.

Il s’agit ainsi :

  • Du respect des autres
  • Du respect de la différence
  • Du respect de l’environnement
  • Du respect du débat démocratique
  • Du respect des enjeux sociaux
  • Du respect des territoires

Du respect de l’entreprenariat lorsqu’il est sincèrement orienté vers son impact sur l’humain et sur la planète.

Le magazine respect s’incarne par des visages, des mouvements, des aspirations et prend la parole en la donnant à des voix uniques, singulières et collectives, rassemblées à travers des récits, des manifestes, des exclamations.

Être différent n’est ni une bonne ni une mauvaise chose. Cela signifie simplement que vous êtes suffisamment courageux pour être vous-même. (Albert Camus)

En France, le respect de la dignité humaine a été érigé en principe à valeur constitutionnelle par la décision du Conseil constitutionnel du 27 juillet 1994.

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